Réflexion autour de la distanciation sociale

Le coronavirus, ou Covid-19, bouleverse la société dans son ensemble. La petite bête est en train de monter au cerveau de la grande. Ce petit être microscopique questionne nos agissements quotidiens : modes de déplacement, habitudes de travail, vie sociale etc.

Ce week-end du 14 et 15 mars 2020 a été le théâtre de réflexions intenses dans la France entière et au sein du milieu ostéopathique pour ce qui nous intéresse.

Les annonces du premier ministre Edouard Philippe ont précipité les esprits vers une introspection inattendue : dois-je fermer mon cabinet ou le laisser ouvert ?

La distanciation sociale est une notion bien connue des épidémiologistes et des médecins. Il s’agit probablement de la mesure la plus efficace, lorsqu’elle est strictement suivie, pour endiguer une épidémie telle que celle du Covid-19.
Le virus n’ayant pas de moyens pour se déplacer seul, il nous utilise comme véhicule : j’irais où tu iras. Si les humains parviennent à ne pas se rencontrer les uns les autres, le transport et la transmission du virus d’un individu à l’autre se voient inéluctablement réduits.

Vu microscopique du coronavirus. En ostéopathie il questionne la distance entre le patient et le thérapeute
Le Covid-19

Mais voilà que l’esprit de l’ostéopathe se trouve bien vite chamboulé. (pour les lignes qui suivent, je m’appuie notamment sur les commentaires lus sur un groupe Facebook qui regroupe environ 8000 ostéopathes)
L’ostéopathe, parmi les professionnels de la santé, est un des champions du contact charnel (au sens strict du terme). Le corps à corps est premier dans cette thérapie. Le corps à corps est prolongé durant la consultation. L’interaction patient/thérapeute se joue toute entière autour du toucher. J’ai déjà proposé ici une réflexion autour de la thématique de la proxémie, appliquée à l’ostéopathie.

Photo d'un ostéopathe effectuant une technique articulaire

Donc, l’ostéopathe, pour son travail, se doit d’être en contact intime avec le patient (au sens proxémique du terme ; l’intime neutre tel que je le qualifie). Un contact proche dans l’espace et dans le temps. Absolument ce qu’il faut éviter si on souhaite limiter la contagion d’un virus tel que le Covid-19.

Alors qu’arrive cette notion en tête de l’ostéopathe, viennent d’autres réflexions : mais le système de santé ne va pas pouvoir gérer les troubles fonctionnels ; si on s’arrête de travailler, les patients qui ont un lumbago risquent d’engorger les urgences, ou le 15 etc. etc.
Je ne peux pas oublier de mentionner l’aspect financier qui interroge (je pense) tous les ostéopathes. En tant qu’indépendants nous ne savons pas encore à quelle compensation financière nous allons avoir droit ; ou pas avoir droit. Fermer un cabinet, c’est aussi fermer les rentrées d’argent. La vanne est coupée nette.

Fermer un cabinet, c’est ne pas recevoir les patients. Fermer un cabinet c’est ne pas répondre à la demande de personne qui sollicitent notre aide.

Mais fermer un cabinet c’est participer à l’effort collectif pour lutter contre la propagation du virus.

Cet effort coûte pour tout le monde. Mais il faut le faire au risque de voir un pic épidémique devenir haut et fort ; et que les hôpitaux soient saturés par des malades qu’ils ne pourraient pas prendre en charge comme il se doit.

Si la décision de fermer le cabinet nous coûte financièrement, je crois qu’elle devrait nous nourrir intellectuellement.

Photo noir et blanc du lac Servière, puy de Dôme.
Le lac Servière

La distanciation sociale requise nous questionne dans notre quotidien.

En me baladant autour du lac Servière ce dimanche après-midi, j’avais bien l’impression que les regards n’étaient pas les mêmes que d’habitude. Une once de suspicion plane entre nous. Et lui, il pourrait être malade ?
Je me suis moi-même surpris à ce genre de pensée. Aussi n’avons-nous pas spécialement envie de se frotter les uns aux autres. Le questionnement que nous propose la distanciation met en évidence le fait que, finalement, nous avons beaucoup de contacts proches dans notre quotidien. Nous y sommes tellement habitués que nous ne le percevons plus. En quelques jours il a fallu changer nos moeurs. Pas si facile.

D’autant que cette distanciation sociale s’accompagne inéluctablement d’un sentiment de privation de liberté. Je ne peux plus aller et venir comme bon me semble.

Autant de défis cognitifs qui nous éloigne de l’objectif de la distanciation sociale.

Dans l’immédiat, je prends avec philosophie la situation. Ce temps peut être un temps de distanciation intellectuelle avec un monde excessivement rapide et prenant. Si on nous impose cette rupture avec le quotidien, profitons-en pour en tirer du positif et du constructif. Je suis persuadé que nous avons tous des chantiers à finir. Qu’ils soient chantiers d’organisation de vie, de pensée, de remise en question, ou chantier de bâtiment au sens classique bien sûr. Jardinage et bricolage vont aller bon train.

J’aurais le même conseil que lorsque le cabinet est ouvert : faites ce qui vous plait, c’est du bon sens ! Si vous avez le temps, profitez-en d’autant plus.

Prenez soin de vous et de vos proches. L’effort collectif proposée par la distanciation sociale est plus qu’utile : il va sauver des vies. Soyons fiers d’y participer.

Chers patients, vous verrez votre ostéopathe plus tard, en temps plus propices au contact.

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